Objectifs du Millénaire pour le Développement

Les huit objectifs globaux que les dirigeants du monde entier ont fixé lors du Sommet du Millénaire en septembre 2000, constituent un agenda ambitieux pour réduire la pauvreté, ainsi que ses causes et manifestations:

1. Réduire l'extrême pauvreté et la faim
2. Assurer l'éducation primaire pour tous
3. Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
4. Réduire la mortalité enfantile
5. Améliorer la santé maternelle
6. Combattre le VIH/SIDA, le Paludisme et d'autres maladies
7. Préserver l'environnement
8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

La Guinée Bissau a pris l'engagement, aux côtés de 191 pays lors du Sommet du Millénaire en septembre 2000, à œuvrer pour la réalisation des OMD en 2015. La réalisation des OMD qui recouvre des domaines aussi variés que ceux de la lutte contre la pauvreté, l'éducation primaire pour tous, l'égalité du genre et l'autonomisation des femmes, la réduction de la mortalité des enfants de moins de cinq ans, l'amélioration de la santé maternelle, la lutte contre le VIH/Sida, le paludisme, la tuberculose et les autres maladies et la garantie à chaque génération d'un environnement durable devrait permettre un développement humain durable dans un climat de paix et de tolérance dans chaque pays du monde.

La réalisation des OMDs en Guinée Bissau

Des retards importants dans l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) constituent un défi majeur pour la Guinée Bissau. L'analyse menée dans le Bilan Commun de Pays a montré que ce sont les déficits de capacités caractérisés par la faiblesse des ressources humaines, financières et institutionnelles et l'inadéquation des politiques, la faiblesse des capacités des détenteurs des droits économiques et sociaux, ainsi que leur manque de confiance dans les performances des services sociaux de base qui sont les causes fondamentales qui entravent le développement humain et donc la réalisation des OMD.

OMD 1 : Réduire l'extrême pauvreté et la faim

La pauvreté absolue touche de ux personnes sur trois, tandis que la pauvreté extrême frappe une personne sur cinq, les femmes étant les plus affectées que les hommes en raison de leur faible éducation comme soulignée dans le R apport National sur le Développement Humain 2006 , ce qui limite ainsi leur participation à la vie sociale et économique.

La malnutrition touche environ 19% des enfants alors que 4% sont sévèrement sous-alimentés, selon le rapport MICS 2006 (Enquête par grappes à indicateur multiples).

OMD 2 : Assurer l'éducation primaire pour tous

La réalisation de l'éducation universelle reste un défi massif pour la Guinée-Bissau. Plus de 45% d'enfants en âge de scolarisation n'ont pas accès à l'école dû au manque d'infrastructures et de professeurs qualifiés et motivés. La qualité de l'éducation demeure aussi une grave préoccupation étant donné qu'une forte proportion d'enseignants (60%) manque de formation.

Dans l'enseignement secondaire, la situation est encore plus préoccupante dans la mesure où seulement un élève sur 1000 fréquente la dernière année de l'enseignement secondaire sans retard dans la scolarisation.

Par ailleurs, la Guinée-Bissau est encore loin de la parité dans l'éducation avec des ratios de 83 filles pour 100 garçons et de 44 filles pour 100 garçons respectivement dans les enseignements primaire et secondaire, selon le Rapport du Développement Humain en Guinée Bissau, 2006.

OMD 3 : Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes

Bien que les femmes représentent 51,6% de la population, elles sont peu représentées dans les instances de décision, (13 députées sur 100 membres de l'Assemblée Nationale Populaire). Si la parité garçons filles a été améliorée dans l'inscription au niveau des enseignements primaire et secondaire, les taux d'abandon sont plus élevés chez les filles (32%) que chez les garçons (21%).

La discrimination à l'égard des femmes est une réalité dans les écoles, les familles et les communautés. Seulement 12% des filles complètent le cycle primaire contre 18% de garçons. Les filles travaillent dans des travaux du ménage, l'agriculture et la petite entreprise. Plus de 27% de filles se marient avant l'âge de 18 ans. D'ailleurs, un certain nombre de filles entre 6 et 14 ans doivent interrompre l'école pendant quelques mois par année pour s'occuper des rites traditionnels et cultivent des cérémonies de l'excision, comme déclenchement dans des conditions féminines.

La disparité est aussi importante en matière d'alphabétisation avec 76,2% de femmes analphabètes contre 47,4 des hommes. Enfin, en dépit des textes, les inégalités entre les sexes restent persistantes dans l'accès aux biens et aux ressources et les femmes sont toujours victimes de violences basées sur le genre et des mutilations génitales : 44,5% de femmes se déclarent excisées selon le MICS 2006.

OMD 4 : Réduire la mortalité infantile

La mortalité des enfants reste élevée. Au niveau national, 138 enfants sur 1000 meurent avant de compléter un an et 223 sur 1000 décèdent avant l'âge de 5 ans. Les taux de mortalité infantile sont en hausse, depuis 2000, comme l'indiquent les résultats de l'Enquête par grappes à indicateurs multiples 2006 (MICS). La malaria, les infections respiratoires aiguës, la diarrhée et la malnutrition demeurent les tueurs principaux des enfants. Les risques de décès sont liés aux bas niveaux d'instruction des mères, à la manque d'accès aux soins de santé surtout au milieu rural et aux conditions économiques des familles.

OMD 5 : Améliorer la santé maternelle

Le ratio de la mortalité maternelle est estimé à 700 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes selon une étude réalisée en 2004 par l'UNFPA. L'accès aux services de consultation prénatale et aux soins d'accouchement assisté est limité. Environ 38,8% des accouchements sont assistés par du personnel qualifié selon le MICS 2006, et de la couverture des consultations prénatales pour quatre visites n'atteint que 24% des femmes enceintes.

Le rapport OMD Guinée-Bissau 2004, rapporte que les principales causes de mortalité maternelle dans le pays sont liées aux complications obstétricales directes comme les hémorragies (42%), les dystocies (19%), les infections (16%), les avortements (9%) et l'éclampsie (6%) auxquelles, s'ajoutent aussi l'anémie, l'insuffisance nutritionnelle et autres, aggravés par la fréquence de grossesse sans espacement, la grossesse précoce et la grande multiparité (pratiques inhérents à la situation de la pauvreté, de la malnutrition, de l'analphabétisme, des habitudes et traditions culturelles néfastes à la santé reproductive) responsable pour la prévalence des infections sexuellement transmises et le VIH/Sida chez les femmes enceintes.

OMD 6 : Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies

La pandémie du VIH/SIDA constitue un défi majeur pour le développement de la Guinée Bissau avec un taux de prévalence estimé à 2% pour le VIH2 et 4% pour le VIH1 en 2002 (Ministère de la santé, Division Hygiène et Épidémiologie). Le taux chez les femmes enceintes est de 7,9%. Le taux de transmission verticale est d'environ 2.6%.

Le faible niveau de connaissance sur les formes de prévention associé au faible usage des préservatifs ; à la manque d'accès au dépistage et à la précocité des relations sexuelles sont des facteurs favorables à une expansion rapide de l'épidémie.

En tant que maladie endémique, le paludisme est responsable d'environ 50% des consultations dans toutes les régions et toutes les tranches d'âges, avec cependant plus d'incidence sur les enfants que sur les adultes. Moins de 50% d'enfants au-dessous de 5 ans reçoivent le traitement proportionné de malaria et seulement 39% dorment sous les filets traités avec des insecticides.

La tuberculose continue à être la maladie la plus létale chez les jeunes et les adultes. Parmi les causes qui sont à l'origine de l'augmentation des cas et décès se détachent son interaction avec le SIDA et la faiblesse de la surveillance par manque de ressources. Actuellement on estime entre 30% à 45% la proportion des patients atteints de tuberculose sont également infectés par le VIH. Ces facteurs témoignent de la dégradation des conditions socio-économiques et nutritionnelles, ainsi que de l'explosion démographique en l'absence d'infrastructures sociales de base et des conditions de salubrité acceptables.

Par rapport aux cibles de cet objectif, l'évolution de la prévalence du VIH, du Paludisme et de la tuberculose est l'expression du manque de réponses appropriées, tant dans le domaine de la sensibilisation, des structures de conseils, du système de surveillance de l'épidémie et d'information sur le VIH, que celui des défis des coûts économiques et sociaux de l'épidémie. Le combat contre le paludisme et la tuberculose reste aussi un problème de sensibilisation et d'information des populations, ainsi que d'assainissement de base et d'accès à l'eau potable. L'inexistence d'un centre de traitement de SIDA constitue aussi un maillon important qui manque pour l'efficacité de la lutte contre le VIH/SIDA.

OMD 7 : Préserver l'environnement

L'accès à l'eau potable ne s'est pas amélioré depuis 2000 (59.9 pour cent), mais le taux d'assurance d'hygiène a augmenté de 5% : allant de 63% en 2000 à 68% en 2006.

En matière d'hygiène et d'assainissement, la situation en Guinée-Bissau est inquiétante. Seulement 11,4% de la population vivent dans des ménages dotés d'installations sanitaires pour l'évacuation des excréments humains.

Le pays dispose d'environ 1,11 millions d'ha de terres à vocation agricole, soit 32% de la superficie du pays et plus de 50% de surfaces arborées en matière forestière. Certains problèmes environnementaux sont associés à la déforestation, aux mauvaises pratiques culturales, en particulier l'agriculture extensive sur brûlis qui a par ailleurs des effets dépressifs sur la fertilité des sols, les feux de brousse récurrents, les défrichements agricoles qui convertissent de vastes zones forestières en terres de cultures ou en plantations d'anacardiers, la production clandestine de charbon et de bois de chauffe, et enfin, la surexploitation commerciale des forêts qui s'exercent sur certaines espèces, souvent jusqu'à la déplétion avec tout ce qu'elle entraîne de pression sur la biodiversité et les espèces menacées. La dégradation des côtes maritimes provoquées par la pêche industrielle sans contrôle pose également des défis à la préservation de la biodiversité maritime autour de l'archipel Bijagos, considérée patrimoine mondiale par l'Unesco.